my paradoxical knives

©Christian Lutz

MY PARADOXICAL KNIVES


Concept: Ali Moini
Interprétation: Ali Moini
Durée: 30 min
Production: SELON L'HEURE
accompagnement critique: Loïc Touzé
ce spectacle a été créé dans le cadre du programme PEPCC du Forum Dança

diffusion

2017 : Hebbel Am Uffer, Berlin
2009 : Festival 30/30, Marché de Lerme Bordeaux
2009 : Festival Au Bord du Risque, Théâtre d'Aubusson 
2009 : XS Festival, Théâtre National de Bruxelles Wallonie
2016 : Le Printemps de Septembre, CDC Toulouse 
2009 : Centre Pompidou Malaga
2015 : Steps on Common Ground, Museum Villa Stuck München
2009 : Flurstück Museum für Kunst & Kultur, Münster
2014 : Festival 360°, La Passerelle SN St Brieuc
2009 : À CORPS, TAP Poitier
2009 : Bonlieu, SN Annecy
2013 : Scores #6, Tanzquartier Wien
2009 : Vagamondes, La Filature Mulhouse
2009 : Sur Les Frontières, Théâtre National de Chaillot Paris
2009 : Cultures de Paix, Strasbourg
2009 : Zürcher Theater Spektakel, Rote Fabrik Zurich
2009 : Dancing on the Edge, Korzo (The Hague) & De Brakke Grond (Amsterdam)
2012 : Nouvelles, FRAC Alsace Célesta
2009 : TUNIS, capitale de la danse
2009 : Festival Montpellier Danse
2011 : EXTRA-11, Bonlieu Annecy 
2009 : WAOPA, BAC Genève 
2009 : Soirées Nomades, Fondation Cartier Paris
2010 : Jamai(s) vu, Théâtre de Bagnolet
2009 : Schools, CNDC Angers
2009 : Institut Français de Lisbonne 


revue de presse

Ali Moini propose, dans My Paradoxical Knives, la construction et l'exploration d'une image. Celle d'un homme chantant autour duquel gravitent des couteaux. La chorégraphie giratoire installe Ali au milieu d'un système flottant où les mots inscrits au sol, en étant chantés, sont effacés par ses pas. Les paroles du poème Rûmî supplient le ciel de ne pas tourner sans lui... Le public, enchanté et repoussé par le performer, est installé à la périphérie du dispositif et assiste à la méticuleuse construction de ce système émergent, à son apogée, à son silence.





Gérard Mayen sur My Paradoxical Knives
Sobre, méthodique, implacable autant que poétique, lyrique : tel apparaît My paradoxical knives, solo de danse-performance qu’Ali Moini présente depuis quelques années déjà. Paradoxaux sont les couteaux que ce performeur iranien met en action, lorsque ceux-ci induisent des commentaires à tout coup politiques, mais étrangers à son intention initiale. (…)
Tout converge et diverge à la fois. En proie à l’élan tournoyant, les couteaux eux-mêmes ont pris la voie des airs, tendent à se fixer en plan horizontal, corolle aiguisée aux pointes toutes dirigées à hauteur de visage des spectateurs présents.
Là, peu nourrissent une crainte effective de l’improbable accident qui verrait l’un des couteaux se décrocher et se transformer dès lors en projectile dangereux. Mais tous métaphorisent une idée pure de risque, qui serait aussi que tout cela vienne à s’emmêler et se retourner alors contre les chairs du performeur. Tout se joue en fait dans la tension entre l’extrême acuité des dynamiques, tant mentales que matérielles, que mobilisent My Paradoxical Knives et l’abyssale profondeur sourde et circulaire en quoi consiste la qualité de présence d’Ali Moini à cet instant.
Car tout autant que ses pieds sont en passe d’effacer les dernières traces du poème qu’il avait inscrit au sol, voici qu’il l’énonce lui-même vocalement à présent, en se souvenant des puissances haletantes du staccato propre au chant traditionnel iranien auquel il se forma encore jeune. Puissante la résonnance qui s’émaille de du cliquetis des lames qui s’entrechoquent, et dont la collection a été établie, dans sa diversité, en fonction de ce motif sonore attendu.
La performance est celle de la danse, de la musique, du chant et de la déclamation poétique. Elle irradie dans une émanation sèche et pluridirectionnelle de sens multiples, complexe et bien éloignée de l’élévation uniformément verticale des derviches en proie à leur exaltation spirituelle. Greffé sur le terrible contexte médiatique de la Révolution verte, My Paradoxical Knives a appelé toute les interprétations et commentaires possibles à propos de l’Islam, de la torture, de la rébellion et des attentas suicides.
Or une simple vérification de dates fait constater que cette pièce existait avant cette séquence de déchaînement politique. Semblant attendre que celle-ci survienne, elle put alors se charger des récits multiples que ses spectateurs demeurent indéfiniment libres de conjuguer à l’épreuve de sa réception.
publié dans Mouvement _ lire l'intégralité de l'article


Charlotte Imbault sur My Paradoxical Knives
Commence lentement une rotation, le tournoiement s'accélère et les couteaux fixés à des sangles elles-mêmes attachées au corps du performeur s'élèvent à l'horizontal, scintillent et offrent un doux cliquetis. Etre là, maintenant dans l’espace.
publié dans Mouvement

© Claudia Mateus
Rosita Boisseau 
sur My Paradoxical Knives
Le danseur et chorégraphe iranien Ali Moini se joue de tous les dangers en exacerbant la beauté plastique de sa présence. Bardé de couteaux qu'il accroche un par un autour de lui avant de se lancer dans le mouvement, il fait surgir dans sa performance en solo, My Paradoxical Knives, une sorte de transe insolite emportée par l'élan de ce qui finit pas ressembler à une robe de couteaux. 
publié dans sortir Télérama

Maya Ghandour Hert 
sur My Paradoxical Knives
Première image, premier choc visuel, attrapé au beau milieu de cette 32e édition du festival Montpellier Danse (du 22 au 7 juillet). 
Dans la grande cour de l’Agora, « cité internationale de la danse » (vieux couvent des Ursulines rénové et devenu QG du festival), par un beau jour de brume, un jeune artiste iranien au corps parcimonieusement recouvert de lanières et d’un cache-sexe volatiles se tient debout au milieu d’un cercle formé par l’assistance. Avec « Paradoxical Knives », Ali Moini semble être à couteaux tirés avec l’univers. Il a d’ailleurs posé par terre toute une panoplie de coutellerie tranchante qu’il accrochera, couteau après l’autre, sur ses bandelettes à même le corps. Lentement, d’abord, puis en allant de plus en vite, il entame une danse giratoire faisant tournoyer les armes blanches autour de lui dans un bruit de cliquetis très harmonieux et dissonant à la fois. 
Des mots, inscrits à la craie à même le sol, s’effacent sous ses pas. Ce sont des paroles du poète Rumi suppliant le ciel de ne pas tourner sans lui...
publié dans L'ORIENT LE JOUR

Mathias Daval sur My Paradoxical Knives
Paré d’une vingtaine de couteaux aux lames différentes, accrochés partout sur son corps, il entame avec douceur la giration sacrée, effaçant à chaque rotation un poème inscrit sur le sol. Ali nous le confirme après le spectacle : « Le choix et le placement des couteaux ont exigé une longue préparation. » On s’en doute. Un chant soufi rompt par moments le silence. Tout y est fragilité et suspension, sur la peau de ce corps à moitié nu encerclé par des tranchants en pleine voltige. Un instant magique : à une certaine intensité, la force centripète interrompt brusquement le cliquetis métallique, et le silence qui s’ensuit plonge directement dans une méditation des plus transcendantales. Poésie absolue.
publié dans I/O La Gazette des Festivals