man anam ke rostam bovad pahlavan

©Alain Scherer

Man anam ke rostam bovad pahlavan


Concept: Ali Moini
Interprétation: Ali Moini
Scénographie: Julien Peissel + Ali Moini
Machinerie: Julien Peissel
Lumière: Stéfane Perraud
Compositeurs: Sarah Bigdelishamloo & Nima Aghiani
Costume: Valentine Solé
Régie générale : Samson Milcent
consultant à la dramaturgie: Thibaud Croisy
Durée: 55 min
Production: SELON L'HEURE
Coproduction: Festival Montpellier Danse, La Passerelle Scène Nationale de St Brieuc, La Filature Scène Nationale de Mulhouse
Accueil: Espace Pasolini, Centre National de la Danse (dans le cadre des résidences augmentées)
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre de son programme New Settings.
Avec le soutien de la DRAC Ile-De-France au titre de l'Aide au Projet.




Diffusion 


2016 : 5 + 6 juillet MONTPELLIER DANSE 16 (première)
           17 novembre Out of b/order Festival _ Tanzquartier Wien
           22 + 23 novembre NEW SETTINGS #6 _ TCI Paris
           25 novembre NEXT Arts Festival _ Espace Pasolini Valenciennes
2017 : 20 janvier Vagamondes _ La Filature Scène Nationale de Mulhouse
           1er février CDC Toulouse
           1er + 2 mars festival You're a Cyborg But That's OK _ Tanzhaus nrw Düsseldorf
           30 mars festival 360° _ La Passerelle Scène Nationale de St Brieuc
           21 + 22 septembre Festival Mondial des théâtres de Marionnettes _ Charleville Mézières
           07 décembre festival Metacorpus _ Le Manège SN Reims
2018 : 7 + 8 + 9 + 10 + 11 février Sharzad Cultural Center, Téhéran
           18 + 19 + 20 + 21 février Persian Golf cultural complex, Shiraz
           17 mars Scène Nationale de Saint Quentin en Yvelines
           21 + 22 mars Rencontres Internationales de la Marionnette _ CDCN Pôle-Sud, Strasbourg
           13 + 14 avril Freiburg Theater
           15 + 16 mai Teatro Maria Matos, Lisboa


 revue de presse




Relié par un système de poulies mécaniques à une marionnette à taille humaine, Ali Moini entretient avec elle une étrange et troublante conversation où il est question de volonté, de violence, de colère, d’affection, de fidélité, d’acceptation. La machinerie sert de moyen de transmission et de traduction entre l’interprète et son double : à la fin, dans ce jeu compliqué de poulies, on ne sait plus bien qui impulse le mouvement et qui le suit, qui dirige et qui obéit, qui est le sujet et qui l’objet. Et peut-être que cette indistinction des rôles, au lieu de faire peur, devrait plutôt nous réjouir ?



“Saignant comme la viande qu’il sort d’une cuvette et accroche à une structure métallique aux allures de squelette, l’artiste iranien Ali Moini persiste dans l’exploration d’une forme de brutalité larvée pour sa nouvelle pièce intitulée Man Anam Ke Rostam Bovad Pahlavan. Après son solo My Paradoxical Knives (2008), dans lequel il se bardait d’une carapace de couteaux, il devient ici l’instrument d’une incroyable machinerie, fascinante par sa force visuelle et ses connexions entre mort et vivant.
Face à face, Ali Moini, glissé dans un vêtement relié par des mousquetons et des poulies à un système complexe de fils, et une marionnette en métal se toisent. Chaque mouvement du danseur est répercuté par le pantin qui en donne une version chaotique et démantibulée. Les notions de double, de miroir, les questions de l’empathie et du rejet, les fantasmes de mort et de torture, s’accrochent à cette mécanique infernale…”
Rosita Boisseau
Le Monde, 8 juillet 2016



"Ali Moini s'est inventé un double marionnettique à sa taille, tout en segments métalliques. Un jeu très complexe de cordages rend homologues les mouvements de l'artiste lui-même, et ceux de son artefact. Le propos est magnifique, qui rouvre toutes les questions de la représentation de soi au monde, aux autres, mais encore à soi-même. Et du principe de séparation qui hante l'idée moderne de la danse depuis le fulgurant traité de Kleist sur le théâtre de marionnette. Reste que les évolutions physiques d'Ali Moini sont rendues très méticuleuses par la complexité de son harnachement. Et l'on ressent là encore la profondeur d'un geste qui serait empêché, par son souci d'en revenir aux fondamentaux."
Gérard Mayen
Mouvement, 15 juillet 2016 http://www.mouvement.net/critiques/critiques/dos-derriere-devant 


"L’Iranien Ali Moini (...) prend le rôle d’une marionnette. Inventant un dispositif scénique efficace autant pour sa plastique que pour la manipulation en direct, il dialogue avec son double, son avatar de même dimension que lui. L’avatar est tout d’abord un squelette de fragments métalliques. Puis, il devient presque humain, du moins un écorché vif à la Francis Bacon, le danseur l’habillant de morceaux de viande rouge. Man anam ke rostam bovad pahlavan est également une réflexion sur un possible contre-pouvoir face à la supposée toute puissance des logiciels et de l’intelligence virtuelle. Ali Moini dans cette performance très physique pointe par exemple les erreurs de traduction. ..."
Marie-Christine Vernay
Délibéré, 20 juillet 2016 http://delibere.fr/montpellier-danse-2016-sud/


"...Dans Man anam ke rostam bovad palhavan, arnaché à son double marionnettique par un système de poulies et de contrepoids, Ali Moini atteignait lui ce point de non retour où la nature de la relation entre l’objet manipulé et son manipulateur s’infléchit pour les fusionner dans l’identique. Paré de lamelles de viande, cet exosquelette en métal, qui perfusé par le réseau des câbles qui l’attache au danseur, a vampirisé une heure durant ses forces et sa volonté, se voit finalement affublé tous les attributs du vivant. Mais le dialogue avec ce répliquant, qui enregistre et retransmet mécaniquement chacune de ses impulsions est aussi ce qui libère l’humain de la gravité et rend l’être à sa virtualité. La transcription du proverbe populaire choisi par Ali Moini pour évoquer les pouvoirs mimétiques de l’effigie comme les ressorts psychologiques et les phénomènes transhistoriques d’usurpation de la personnalité, rend palpable l’approximation d’une traduction, qui, faute de l’image juste pour exprimer l’idée et délimiter son contexte, creuse l’écart entre langue origine et langue d’adoption."
Alix de Morant
Alternatives Théâtrales, "Danse en Iran, une position doublement critique" juin 2017  http://www.alternativestheatrales.be/imagesdb/pdf/AlixdeMorant-danse-iran.pdf


"...À la surprenante fluidité des gestes souples du pantin répond la silhouette du danseur qui sans cesse négocie son équilibre, au cœur du réseau des fils qui provoquent la chute autant qu’ils la retiennent : il s’affaisse jusqu’au sol avec une infinie douceur, presque en apesanteur. Cette conversation muette prend quelquefois l’allure d’un face à face plus offensif lorsque les gestes que le danseur communique au pantin se retournent contre lui. Il puise alors dans les ressources de la lenteur pour esquiver contre lui la répercussion de ses propres mouvements. Mais tous deux retrouvent bientôt l’équilibre serein : reliés par les mêmes fils, ils ne peuvent s’ériger l’un sans l’autre.
(...) Man Anam ke Rostam Bovad Pahlavan pourrait être la mise en chair d’un mobile de Calder, aux rouages apparents mais aux gestes imprévus. Sous nos yeux prend forme un étrange duo, presque incestueux, en tout cas saisissant parce qu’entre eux le geste nous est rendu palpable."
Céline Gauthier


"...Côté public, on s’identifie tour à tour au créateur et à sa créature, la frontière qui sépare les deux figures est mince. D’autant que la relation qui s’installe entre l’homme et la machine est tout à fait communicative. On se sent à la fois effrayé, attendri ou révolté par ce pantin. Tantôt pensant contrôler l’œuvre, tantôt prisonnier d’elle, désespérant de la rendre plus proche de soi, Moini questionne notre rapport à la paternité, à la transmission mais aussi à l’inspiration. D’où proviennent nos actions, nos pensées et quelles résonances ont-elles sur le monde ?..."
Julien Avril
I/O Gazette 13 janvier 2017 http://www.iogazette.fr/critiques/focus/2017/filiation-metallique/ 


"... La troublante confrontation de l’homme face à son double fait oublier la prouesse technique et physique d’Ali Moini, qui, une heure durant, se retrouve à lutter contre la gravité, en quasi lévitation dans une chorégraphie millimétrée. On se surprend même à penser la marionnette aussi vivante que l’artiste tellement elle bouge avec grâce. Si quelqu’un dansait vendredi soir, c’était bien l’avatar..."
Isabelle Glorifet
L'Alsace.fr http://c.lalsace.fr/…/20…/01/23/l-incarnation-de-l-autre-soi


"...la performance de l'artiste iranien Ali Moini a été un véritable moment de grâce et de poésie. jouant avec son alter ego avec une dextérité remarquable.
Reliés ensemble par un dense réseau de fils, Ali Moini et son personnage de métal ont élaboré un travail de dialogue. Un travail rendu possible par les mouvements, la fluidité et les va-et-vient des corps. Le tout dans un décor très sobre, ce qui a conféré encore plus de magie à ce moment bluffant, aérien et hors du temps."
Ouest France
https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/originalite-et-performance-au-festival-360deg-4901542